Mon enfant ne veut pas dormir : comprendre l'insomnie comportementale

Par Dr Jérôme Pinot, Pneumologue - Spécialiste du sommeil·26 mai 2026·7 min de lecture·Enfant

L'insomnie du jeune enfant est l'un des motifs de consultation les plus fréquents : elle touche, à des degrés divers, une part importante des jeunes enfants (de l'ordre de 20 à 30 %). Dans la grande majorité des cas, elle est comportementale — liée aux habitudes d'endormissement — et non à une maladie.

Deux formes fréquentes

  • Le trouble de l'association d'endormissement : l'enfant ne s'endort qu'avec une condition précise (bras, biberon, présence d'un parent, télévision). Lors des micro-réveils normaux de la nuit, il a besoin de retrouver cette même condition pour se rendormir, d'où les réveils répétés.
  • Le trouble lié à un défaut de limites : l'enfant retarde et négocie le coucher (« encore un verre d'eau », « encore une histoire »), surtout quand les règles du coucher varient d'un soir à l'autre.

Les bonnes habitudes qui aident

La prise en charge de l'insomnie comportementale repose d'abord sur des mesures simples, dont l'efficacité est bien documentée :

  • Un rituel du coucher court, calme et toujours identique (par exemple : bain, histoire, câlin, dodo), aux mêmes horaires.
  • Coucher l'enfant éveillé mais somnolent, pour qu'il apprenne à s'endormir seul dans son lit.
  • Des horaires réguliers, y compris le week-end, et un environnement propice (chambre calme, sombre, sans écran).
  • Des limites bienveillantes et constantes : des règles du coucher claires, tenues par les deux parents.
  • Le renforcement positif (féliciter les progrès) plutôt que la punition.

Ces approches comportementales sont efficaces chez une large majorité d'enfants et, contrairement à une crainte fréquente, les données disponibles ne montrent pas d'altération du lien d'attachement entre l'enfant et ses parents.

Et les médicaments ?

Il n'existe pas de somnifère adapté à l'insomnie comportementale du jeune enfant. La mélatonine peut être discutée par le médecin dans certaines situations précises, toujours sur évaluation médicale, mais elle ne remplace jamais le travail sur les habitudes de sommeil et ne doit pas être donnée sans avis médical.

Quand consulter ?

Une consultation est utile si l'insomnie persiste malgré ces mesures, si elle épuise la famille, ou si vous observez d'autres signes (ronflements, mouvements anormaux, somnolence de jour). Notre neuropédiatre, le Dr Pennaroli, fait le point et propose un accompagnement adapté à l'âge de l'enfant.

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